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ATELIERS DE FORMATION ET D’EXPRESSION A LA PRISON DES BAUMETTES (MARSEILLE) - UNITE CREATION

Structure support :
LIEUX FICTIFS

Résumé

Les Ateliers de Formation et d’Expression Audiovisuelle sont installés à l’intérieur de la prison de Marseille dans un espace de 350 m appelé « le Studio », depuis 1997.

Ils sont ouverts 5 jours sur 7 pour 6 heures par jour et concernent en moyenne 12 détenus par an. La durée du stage peut aller de 5 à 18 mois en fonction de la date de transfert ou de libération du stagiaire.

Descriptif

Le recrutement des participants à l’atelier est fondé sur le volontariat. Aucune compétence technique n’est pré-requise. Des entretiens individuels entre les postulants et l’équipe de l’atelier évaluent essentiellement la motivation et la capacité à s’impliquer dans un projet collectif. La liste des candidats retenus est soumise pour accord à l’Administration Pénitentiaire.

Le principe du travail suppose l’appropriation des outils techniques et des thématiques abordées ; ils doivent être totalement impliqués dans le travail à réaliser. Les Ateliers ouvrent, dans le temps carcéral, un espace de liberté et d’expression qui constitue en lui-même une motivation forte. Cette "liberté", parce qu’elle est fragile, a pour corollaire une responsabilisation des participants. Les participants et les professionnels qui interviennent constituent une équipe dans laquelle chacun apprend à trouver une place, à accepter le regard des autres dans un souci partagé de faire aboutir un objectif commun.

Cette action entre dans le cadre de la Politique Culturelle et de Formation en Milieu Carcéral.

Deux groupes de travail se repartissent la semaine : l’Unité Information et l’Unité Création.

En ce qui concerne l’Unité Création, deux intervenants extérieurs développent un projet de création (court, moyen, long-métrage) qui sera diffusé à l’extérieur avec l’accord de l’Administration Pénitentiaire.

Le principe est d’accueillir en résidence un cinéaste, metteur en scène, artiste vidéo… dans les Ateliers pendant une à plusieurs années pour mener une expérience artistique avec des détenus participant à l’atelier ; il s’agit la plupart du temps d’une forme cinématographique ou vidéographique et d’un thème en relation avec la démarche et la recherche personnelle de l’intervenant extérieur.

diffusion : Dans les métiers du cinéma, les postes techniques demandent une connaissance très approfondie et spécifique. Dans le temps qui est disponible pour développer une formation en maison d’arrêt, il est inenvisageable d’engager des formations qualifiantes

Pour autant, une formation pré-qualifiante n’est pas une « sous formation ». Si elle n’approfondit pas les connaissances techniques, elle peut les aborder suffisamment pour les relier à un projet de travail de création d’un film.

C’est pour cette raison qu’il est important que les expériences cinématographiques travaillées dans les ateliers aboutissent à une création. La compréhension que les détenus vont avoir du projet et de ce qu’il auront vécu va se renforcer dans cette dernière étape.

C’est pour cette raison que la diffusion est un moment important, qu’elle se produise à l’intérieur de l’établissement (magazine) ou à l’extérieur de la prison (film).

production :

Le travail de formation mis en œuvre dans les « Ateliers Audiovisuels » met l’apprentissage et la connaissance au centre de l’expérience. La dimension pédagogique s’inscrit au travers de l’acte de transmission et de celui de l’expérimentation.

Au-delà d’un simple apprentissage technique, les stagiaires vont faire avant tout l’expérience de la fabrication d’un film.

Faire avec d’autres l’expérience du cinéma est ici bien différent que d’expliquer ce qu’est le cinéma, ou de faire un film sur la prison. C’est une question de place. Il n’y a plus un maître d’un coté et un élève de l’autre, un réalisateur et un sujet. Ici tout le monde, c’est-à-dire le cinéaste et les personnes incarcérées, se retrouvent au centre de l’expérience et du projet.

Dans un lieu comme la prison, la formation cinématographique ne peut se limiter à la connaissance d’une technique, celle-ci doit s’inscrire dans un projet de travail, dans une culture.

Une technique que l’on n’a pas appris à s’approprier, qui est sans sensibilité et sans rapport au travail, ne peut servir à rien.

La technique n’est pas une fin en soi, elle est un outil nécessaire que l’on doit s’approprier pour le mettre en relation avec un projet professionnel.

Dans les métiers du cinéma, les postes techniques demandent une connaissance très approfondie et spécifique. Dans le temps qui est disponible pour développer une formation en maison d’arrêt, il est inenvisageable d’engager des formations qualifiantes. Pour autant, une formation pré-qualifiante n’est pas une « sous formation ». Si elle n’approfondit pas les connaissances techniques, elle peut les aborder suffisamment pour les relier à un projet de travail (création d’un film).

C’est pour cette raison qu’il est important que les expériences cinématographiques travaillées dans les ateliers aboutissent à une création.

Cette création (film ou magazine) n’est pas un produit, elle est la trace sensible de cette expérience vécue. Une expérience humaine, pédagogique et artistique.

Cette partie de l’apprentissage s’inscrit alors dans le champ de l’éducation informelle. Celle-ci s’adapte à la sensibilité, au trajet personnel de chacun des participants et ne peut s’évaluer au travers d’une grille d’analyse unique.

Chaque projet en lien, à chaque fois, avec un artiste différent, s’appuie sur une méthode et une thématique personnelles et constitue une expérience difficilement reproductible. Le point commun de ces projets est la possibilité d’un regard et d’une parole depuis la prison et non sur la prison.

La démarche nécessite un engagement fort et une capacité à être à l’écoute des individus pour les accompagner dans un processus de création. En effet, le réalisateur ne vient pas pour réaliser un projet auquel les participants à l’atelier vont se soumettre.

Il fait une proposition à partir de son expérience, de son imaginaire. En se confrontant aux contraintes de la prison et aux désirs de personnalités porteuses d’une trajectoire et d’un vécu spécifique, cette proposition va se transformer, parfois se déformer. Il doit accepter et accompagner cette mutation.

A partir de la thématique proposée pour l’année, il est ouvert ;

- un chantier de réflexion à partir d’une programmation de films, débats, analyse de l’image, textes théoriques, poétiques et témoignages ... L’objectif est de susciter chez les détenus stagiaires, un certain nombre d’interrogations concernant la thématique abordée, et la possibilité pour eux de se forger un regard critique en étant confrontés à différents propositions de réponse.

- un chantier de création qui permet aux participants de s’approprier la thématique dans un travail de mise en forme de leur imaginaire et de leur pensée par le moyen de l’image, du son et de l’écriture.

Lier la théorie et la pratique permet aux détenus stagiaires d’appréhender de manière plus concrète des problématiques complexes. Ainsi, grâce au travail de création, ils abordent des questions d’ordre philosophique, sociologique et artistique.

Pour l’année 2006, le réalisateur accueuilli est Jean-Michel Pérez. Sa proposition porte sur la mémoire de la représentation sociale des images télévisuelles.

"La mémoire comme plus petite entité de l’Histoire, ou comment je me construis entre collectif et individu, entre public et privé."

ressources_crees : ARCHIVES AUDIOVISUELLES DE L’INA

Ville : MARSEILLE

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date de dernière mise à jour : 26 octobre 2008
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